30 ans déjà !

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Il y a 30 ans, j’étais un fervent évangélisateur de la nouvelle économie et de l’Internet alors qu’à cette époque, peu de gens y croyaient. J’ai été souvent ridiculisé par les managers et responsables marketing de l’époque qui me remerciaient poliment par un stylo publicitaire pour avoir prétendu que l’on vendrait bientôt des voitures sur Internet, que les commerces allaient développer de nouveaux canaux de distribution qui s’appelleraient e-commerce et que la publicité en ligne allait rapidement croitre !!!

J’y voyais aussi des changements et des progrès sans précédent qui allaient transformer nos sociétés. Or, il n’en a rien été, les technologies de ces 20 dernières années n’ont cessées de creuser les inégalités sociales, religieuses et économiques sans améliorer le niveau de vie de la majorité des citoyens qui subissent de plein fouet les effets de la mondialisation et du système financier de la dette qui entretient une économie artificielle.

En tant qu’entrepreneur, j’ai créé plus de 10 startups dans différents domaines en cumulant souvent tous les rôles propres à cette activité. 20 ans après, je ne peux que constater qu’aucune de mes aspirations n’ont été atteintes.

Notre civilisation est toujours construite sur l’exploitation des énergies fossiles et sur le système monétaire de la dette, deux eco-systèmes qui inévitablement s’auto-détruiront annonçant une transition de civilisation.

Aujourd’hui, la technologie et les innovations ne sont plus garantes d’un meilleur avenir, aussi je porte un regard critique sur la digitalisation de notre écosystème qui est très dangereuse pour nos libertés et nos vies privées. C’est ce que j’appelle le “Risque numérique” que je met en perspective avec le risque systémique de la dette car Il est impossible aujourd’hui de décolérer le système bancaire et monétaire de nos activités et de toutes réflexions sur les futurs changements de société.

Le Transhumanisme, une nouvelle secte?

Luc Ferry, ancien ministre et Laurent Alexandre, chirurgien-urologue sont les nouveaux mages français et exaltés dangereux du TRANSHUMANISME qui est une secte californienne émanant des financements de la société Alphabet plus connue sous le nom de Google (NASDAQ: GOOG) dont les revenus proviennent de la publicité et de la commercialisation du pillage de nos données privées.

Cette secte promet aux croyants l’immortalité physique, la fin des maladies, la transformation génétique et un homme augmenté en lieu et place de l’immortalité religieuse prêchée par maintes sectes qui ont bâtis leurs réputations sur les suicides collectifs, les affaires politico-financières, la polygamie et la pédophilie, la sorcellerie, ou l’exercice illégal de la médecine en devenant synonyme de groupes totalitaires et dangereux, ou en tous cas, de système aliénant et forçant ses adeptes à se placer en position de rupture avec la société et ses normes.

Le Transhumanisme recrute ses fidèles parmi les générations Z et Y qui croient en la mondialisation, les technologies, la croissance, le néolibéralisme et l’émergence d’une civilisation supérieure qui vivraient en autarcie complète comme le montre plusieurs essais cinématographiques de fiction comme le Snowpiercer – le Transperceneige ou encore Elysium où la population humaine ultrariche vit désormais dans une station spatiale baptisée Elysium.

Dans le Transperceneige, les deux univers, la pauvreté extrême et la richesse coexistent dans un train fantôme.

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Encore une fois, le mythe des sectes réapparait sous une nouvelle forme, celle des technologies qui vont résoudre tous les problèmes des nantis, mais en rien ceux des 99% de la population terrienne.

Le Cyber-utopianisme*

cloud_blog_0Quel que soit le niveau d’instruction, le niveau intellectuel ou la culture, seule une infime minorité de la population a réellement conscience de ce qu’est la création monétaire, des mécanismes qui lui sont attachés, et de ce qu’il y a d’existentiel, pour une nation ou un peuple, de disposer de sa pleine souveraineté monétaire comme de l’entière souveraineté des données accumulées par les logiciels et les technologies numériques d’entreprises privées.

C’est à la faveur de cette IGNORANCE de masse savamment entretenue que la monnaie dette créée par les banques privées et que les entreprises de la Silicon Valley peuvent régner aujourd’hui sans partage sur nos destinés et celles des états.

Leurs interdépendances sont pourtant visibles, car comment expliquer les valorisations gigantesques d’entreprises comme Uber, Google et Facebook sans un soutien intéressé de la BCE et de la FED qui, à renfort de QE (Quantitatif Easing) injecte des milliards de $ par jour dans des achats d’actions ou de capitalisation.

Les Banques centrales avec les QE créent de la monnaie, sous forme électronique, appelée monnaie scripturale ex-nihilo (créée à partir de rien) pour acheter aux banques privées des titres obligataires en leur possession : des bons du trésor ou des obligations, par exemple. Le but étant que les banques investiront ensuite cet argent frais dans l’économie réelle. Au lieu de cela, elles font travailler cette manne sur les marchés financiers pour enrichir les actionnaires et abreuver les fonds de capital risque de milliard de $ pour investir dans des entreprises technologiques.

Les UFAA ne possèdent aucune valeur concrète sous forme de biens tangibles, cependant elles détiennent des données qui intéressent au plus haut point les agences de renseignement et les multinationales pour promouvoir leurs produits. Si Uber valorise aujourd’hui 65 milliards de $ sans être cotée au Nasdaq, ce n’est pas pour le logiciel ou l’innovation qui rapprochent les clients des voitures taxis, c’est pour le stockage des itinéraires et de la réputation de chaque acteur de cet écosystème.

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Pourquoi laisser à des entreprises privées le soin d’accumuler des données qui régissent nos vies de manière bien plus profonde que la politique et l’état de droit ? Pourquoi financer les banques privées pour qu’elles enrichissent des actionnaires au détriment des citoyens, ne serait-il pas plus simple et plus efficace de distribuer directement CETTE MONNAIE TOMBÉE DU CIEL aux acteurs de l’économie, aux actions sociales, ou pour la transition énergétique ? Mais l’on touche, avec cette question, au plus grand tabou de la politique économique : très rares sont les gens “sérieux” qui se risquent à la poser.

Il faut alors entretenir un climat de peur, On comprend donc l’hystérisation du débat par la classe politico-médiatique à toute évocation d’une sortie de l’euro avec en priorité la Grèce mais aussi d’autres pays : il s’agit de terroriser par l’annonce de catastrophes purement imaginaires (explosion de la dette, hyperinflation, mise de la France au ban des nations, programme politique de l’extrême droite, effondrement de l’économie, etc.). En fait cette sortie n’est en soi qu’une simple opération technique de sortie d’union monétaire, et il n’y a pas d’exemple que de telles opérations, qui n’ont rien d’exceptionnel, aient abouti à des échecs. A son issue, la France se retrouverait simplement dans la situation de l’immense majorité des pays de la planète, et, cette fois-ci, sur un pied d’égalité avec eux. C’est le même tabou au sujet de la création monétaire, personne ne vient expliquer simplement au peuple comment est créé la monnaie par peur d’un soulèvement social. IL FAUT QUE LA MONNAIE D’UN PAYS PUISSE S’ADAPTER À SON ÉCONOMIE ET NON LE CONTRAIRE COMME C’EST LE CAS EN EUROPE.

Pourquoi ce sont toujours les mêmes économistes et analystes qui viennent prêcher la bonne parole sur les chaines d’infos et les débats publics, celle qui doit être à l’avantage de la politique économique suicidaire des banques centrales qui va in-fine les enrichir personnellement.

Pourquoi continuer à écouter les gurus ou experts malveillants du numérique dans les médias ou les conférences internationales qui véhiculent toujours des parodies d’idéologies néo-libérales qui s’inspirent du solutionnisme et du consumérisme exacerbé.

99% des créateurs de startups y compris les fintech et autres think tank, incubateurs ne connaissent rien au système monétaire moderne ! c’est comme vouloir être médecin sans rien connaitre à la biologie et aux fonctionnements des organes du corps humain.

Ce modèle de société néo libérale contrôlée par les banques et la Silicon Valley n’est pas un exemple sociétal et ne le sera jamais, l’argent dette et les technologies ne peuvent se substituer à l’état de droit et à la politique sans créer une société violente et inégalitaire. Nous sommes tous responsables par notre aveuglement et nos croyances en imaginant qu’une société meilleure et plus collectiviste peut émerger d’un paradigme fétichiste et obsolète « Changer le monde par la technologie et le consumérisme »

Il n’est pas possible de décolérer le système monétaire de l’activité des marchés, de l’innovation et du capitalisme ! C’est comme si des millions de débats étaient caduques et sans substance provoquant le grand bruit de fond des errements de notre civilisation.

* inspiré de :
https://en.wikipedia.org/wiki/Cyber-utopianism

A lire ou voir absolument :
Evgeny Morosov
http://www.lemonde.fr/…/evgeny-morozov-le-pouvoir-de-google…

Mario Draghi, rendez la planche à billet au peuple !
http://tempsreel.nouvelobs.com/…/mario-draghi-rendez-la-pla…

L’euro, arme de destruction massive des nations
http://www.polemia.com/leuro-arme-de-destruction-massive-d…/