La fin des radars sur nos routes

Avec la dernière version de l’autopilote de Tesla, un message s’affiche lorsque vous dépassez une limite de vitesse : « l’autopilote est désactivé jusqu’au prochain redémarrage du véhicule ». Derrière ce regain de sécurité active suite aux fâcheux accidents de Tesla sous conduite asssitée, se cache en réalité un autre paramètre d’intrusion dans votre vie privée.

Grâce à la carte SIM en mode roaming dans tous les véhicules Tesla, toutes vos données de conduite et de circulation géographique sont stockées sur des serveurs en temps réel. Ce qui veut dire que si ces données devaient être accessibles aux administrations et aux entreprises privées, ce qui ne va manquer d’arriver, vos excès de vitesse ou non-respect du code de la route seraient enregistrées pour vous verbaliser ou définir, pour une société d’assurance un profil de risque en temps réel.

Donc, dans l’avenir et quand tous les véhicules en seront équipés, il n’y aura plus de besoin de radars, ni de gendarmes sur nos routes !!!!

Les autorités sauront que c’est vous qui conduisez grâce à une caméra avec détection faciale pour pouvoir allumer le moteur, et vous suivra en permanence pour que, lors d’un dépassement de 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, elles vous envoient directement en prison. Bien entendu, si la conduite assistée devient obligatoire, ces problèmes disparaîtront.

Mais pourquoi pas ? Si la sécurité s’améliore, ce sera un changement majeur des mentalités où la voiture sportive n’aura plus sa place. C’est bien la fin des marques comme Ferrari, Maserati et autres bolides inutiles, mais aussi de toute cette imagerie ridicule que la voiture de luxe véhicule autour notre égocentrisme social. Nous utiliserons la voiture comme si nous prenions le train ; partir et arriver à une heure qui n’est pas fixée par nous, et rouler toujours à la même vitesse sans toucher le volant.

La voiture sera un salon supplémentaire de lecture ou de discussions, une mobilité positive donc ! Mais avec un grand défaut, c’est que l’on saura où vous êtes et comment vous vous déplacez pour vous vendre des produits personalisés, le prix du progrès.

La fin des radars sur nos routes

La grande pyramide de Ponzi

Il ne fait plus aucun doute que personne ne peut ignorer le sytème monétaire à réserves fractionnaires qui permet aux banques commerciales de générer à partir de rien des trilliards de crédits et donc de la dette en ne possédant qu’un faible pourcentage de valeurs physiques.

Vos salaires, le fruit de votre travail, sont payés avec la dette parce qu’un état, une entreprise, un salarié s’est endetté quelque part dans le monde pour que vous puissiez payer vos factures et votre train de vie ! Et pour continuer à maintenir votre niveau social, il faut encore plus d’énergie carbonée, plus de riches, plus de précarité, plus de dettes, plus de croissance, plus de consommation !

Et pourtant, c’est le grand déni ! Des milliers de discours creux véhiculés par les élites entretiennent l’ignorance des masses populaires, car évidemment, ils ne faut pas que les peuples comprennent ce système légal qui fabrique de la fausse monnaie ! Les grandes écoles délivrent des PHD, diplômes et Masters qui reposent sur des mensonges économiques, les médias qui, souvent par ignorance, négligent d’informer, enfin les intellectuels qui sont dépassés et préfèrent disserter sur des sujets sans importance.

Et en première ligne, NOUS, moutons consentants, enivrés de sur-consommations et de divertissements abrutissants, qui ne voulons pas voir la réalité qui va tous nous engloutir un beau matin en nous plongeant subitement dans une civilisation à la Mad-Max.

La grande pyramide de Ponzi

Deux milliards d’humains actifs en trop?

L’article reproduit ci-après est probablement un des meilleurs essais sur les dynamiques économiques de nos sociétés. Cela a grandement à voir avec la révolution digitale dans la mesure où la globalisation des plateformes et l’effet de levier qu’elles permettent est probablement à l’origine des phénomènes de distorsions décrits plus bas. Ainsi, la décorrélation de la distribution capital / travail a commencé à peu près en même temps que l’émergence des plateformes électroniques de traitement de capitaux (vers 1980/85).

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« Les trois dernières décennies ont vu la construction d’un système de marché mondial dominé par le capital financier et porté par une idéologie néo-libérale animée d’un projet de libéralisation des marchés et de recherche de « compétitivité » nationale.

Durant cette période, deux milliards d’êtres humains ont rejoint, essentiellement dans les pays à bas salaires, le marché mondial du travail, orientant ainsi à la baisse les salaires réels du monde industrialisé.

Les gouvernements ont réagi en s’efforçant de rendre leurs pays plus « compétitifs » et leurs marchés du travail plus flexibles. Les gouvernements français et italien ne sont que les derniers à poursuivre ces politiques. Pourtant, alors qu’ils rendent les emplois plus précaires et les salaires plus variables, ils ne proposent rien en termes de contrepartie, à part brandir l’affirmation non prouvée que les réformes favoriseront l’emploi. Dans le même temps, les technologies de l’information et la robotique ont facilité la délocalisation de la production et de l’emploi, accroissant les pouvoirs du capital et accentuant la pression baissière sur les salaires et les profits.

Aux Etats-Unis, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni et ailleurs, les salaires stagnent depuis trois décennies. Globalement, la part de revenu allant au travail s’est réduite tandis que celle qui va au capital s’est accrue. Mais c’est la part revenant aux « rentes » – les revenus des actifs et de la propriété, dont la propriété intellectuelle – qui a le plus augmenté. Nous sommes entrés dans l’ère du « capitalisme de rente ». Les travailleurs ne profitent plus des fruits de la croissance économique. Les salaires réels vont continuer à stagner. Dans des pays comme la Grande-Bretagne ou l’Espagne, la hausse de l’emploi s’est accompagnée d’une baisse des salaires moyens, principalement parce que les nouveaux emplois sont moins bien rémunérés. Parallèlement, émerge une nouvelle structure mondiale de classe. A son sommet, on trouve une ploutocratie de milliardaires, secondée par une élite qui perçoit l’essentiel de ses revenus du capital.

En dessous, on trouve le « salariat » – un nombre de plus en plus restreint d’emplois stables à plein-temps assortis de bonnes retraites, de la sécurité de l’emploi et d’avantages liés à la fonction. A côté d’eux, on trouve ce que j’ai appelé des « proficiens » (professionnels et techniciens), c’est-à-dire des gens techniquement qualifiés qui opèrent sous contrat dans l’économie collaborative (« gig economy »). Encore en dessous, on retrouve le vieux prolétariat. Les Etats-providence, les partis socialistes et travaillistes ainsi que les syndicats ouvriers ont été construits par et pour ce groupe. Mais leur importance numérique décroît et leur poids politique diminue.

PERTE DE DROITS

En dessous des prolétaires, une nouvelle classe a fait son apparition, le prolétariat précaire, ou « précariat ». Ceux qui appartiennent à cette classe enchaînent les petits boulots temporaires, les stages de formation, les contrats à court terme, les contrats zéro heure, les emplois pseudo-indépendants, etc. Ils ne peuvent enrichir leur vie d’aucun « récit », qu’il soit d’entreprise ou professionnel.

Ce phénomène est accentué par des plates-formes comme Uber ou Handy, qui sont en train de créer une économie de « conciergerie », tandis qu’Amazon Mechanical Turk, Upwork et d’autres marchés de micro-tâches en ligne tirent avantage d’un gisement d’emplois mondial qui pousse les salaires de tous vers le bas.

Les personnes appartenant au précariat doivent par ailleurs effectuer un gros travail non rémunéré autour de l’emploi : solliciter en permanence une embauche, multiplier les formations, surfer sans relâche sur les réseaux, faire la queue et remplir d’innombrables formulaires pour obtenir des allocations publiques. Ce précariat dépend en majeure partie de salaires nominaux orientés à la baisse, volatils et imprévisibles, et se trouve privé d’avantages non salariaux tels que les congés payés, les congés maladie et les retraites, flirtant en permanence avec un endettement insoutenable.

Pour la première fois dans l’histoire, des millions de personnes, qui sont théoriquement des citoyens, perdent ainsi certains droits définissant leur citoyenneté, dont l’accès aux allocations publiques fondées sur ces droits. Ils sont devenus des quémandeurs. Le précariat est en progression partout. Mais il est lui-même divisé en trois catégories. La première est issue des vieilles communautés ouvrières, et a tendance à prêter l’oreille aux politiciens populistes d’extrême droite, qui jouent sur leurs peurs et leur insécurité en pointant du doigt la deuxième catégorie, les migrants et les minorités.

La troisième rassemble des personnes éduquées, le plus souvent jeunes, qui sortent de l’université en réalisant qu’on leur a vendu très cher un ticket de loterie de moins en moins capable de leur ouvrir une carrière. Ce groupe rêve d’utopie et d’une nouvelle politique progressiste que ne leur proposent plus les vieux partis sociaux-démocrates. La première catégorie soutient Donald Trump aux Etats-Unis, Marine Le Pen en France, l’UKIP et l’extrême droite conservatrice en Grande-Bretagne. La deuxième se sent impuissante et amère. La troisième s’est éloignée des partis, mais s’est récemment mobilisée pour des personnalités comme Bernie Sanders aux Etats-Unis et Jeremy Corbyn au Royaume-Uni.

A moins de réduire l’insécurité et les inégalités générées par les tendances du marché du travail, le glissement vers des politiques populistes va s’accentuer, en France et ailleurs. Le précariat est anxieux, dépourvu d’objectifs et en colère.

A moins qu’on ne lui procure une certaine sécurité économique, qui à mes yeux devrait prendre la forme d’un revenu de base universel, nous nous dirigeons tout droit vers la politique de l’enfer.

Essai de Guy Standing qui est le cofondateur du Basic Income Earth Network, et professeur d’économie à la School of Oriental and African Studies de l’université de Londres (Traduit de l’anglais par Gilles Berton).  http://basicincome.org

Deux milliards d’humains actifs en trop?