Le marketing statique vs le marketing dynamique

by pascal.rossini on April 26, 2006

in Advertising, Buzz, Changements, Marketing 2.0, Media

Le marketing social, inventé par Tupperware, est un des modèles précurseurs du marketing dynamique qui revient en force et va changer en profondeur le monde de la publicité et de la communication.

Le marketing social permet schématiquement d’ajouter des acteurs à la chaîne de valeur qui ne vont rien coûter à l’émetteur du produit. Ces acteurs, moyennant rétribution passive ou active, s’occupent de promouvoir et de vendre un produit au sein de leur communauté. Il permet aussi de transformer les règles du marketing statique, par la définition "marketing statique", j’englobe tout ce qui est périphérique : la publicité traditionnelle, les relations publiques et la communication.

Par cet exemple, je vais démontrer que le marketing dynamique est le futur dans ces trois domaines: Maintenir ou créer la valeur d’un produit est une question fondamentale aujourd’hui. Après l’accélération de la mise en place des réseaux, la généralisation de la bande passante à haut débit, le monde de la publicité traditionnelle semble pétrifiée, Séguéla ne parle plus avec passion de la publicité moderne qu’il a pourtant inventé.

Pour les grandes agences de publicité, Il y a arrêt sur image, halo sur la connaissance des consommateurs, insuffisance de capter les comportements des clients finaux. Les seuls échos qui nous parviennent sont les annonces d’obtention des budgets publicitaires avec des chiffres à plusieurs zéro… Ce qui démontrent que le secteur n’est plus créatif et est en marge des changements.

Ces budgets sont encore obtenus car ce sont les managers de l’ancien monde qui tiennent les commandes des grands groupes et des multinationales, ils ne connaissent pas le page rank de Google, les flux RSS, la personnalisation, la persuasion, les podcasts (je ne parle pas de technologie, mais bien de VECTEURS business). Ils ne connaissent que la télévision et les journaux. Les équipes dirigeantes traditionnelles ne savent pas que le Search et les RSS vont transformer leurs modèles d'acquisition clients et qu’ils vont se retrouver seuls, face à un océan d’incompréhension car les agences de publicité du nouveau monde n’existent pas encore. Du reste, existeront-elles ? puisque c'est le consommateur qui sera LA publicité et LE marketing !

Le marketing statique est basé presque entièrement sur les fondamentaux suivants; qui est l’acheteur, pourquoi et comment il achète, où va t’on vendre le produit ? Avec quelle communication ? Quel positionnement et à quel prix ? tout est imposé au consommateur. Dans le marketing dynamique, c'est tout le contraire.

Si ces fondamentaux du marketing statique ont fait en partie leurs preuves jusqu’à aujourd’hui, c’est parce que l’Internet n’existait pas, les seuls médias capables de toucher un grand nombre de clients potentiels étaient la télévision, la radio et la presse.

Ces médias ont tous un point commun, ils sont monodirectionnels et asynchrones, en d’autres termes, ils ne sont pas interactifs, ils ne permettent pas de calculer un ROI précis et surtout, ils sont aveugles des clients qu’ils sont censés séduire.

L'ère de l'influence et de la transparence nait sous nos yeux. Dès lors, comment utiliser les règles de l'ancien monde pour séduire les nouveaux consommateurs, organisés en communauté, agiles, nomades par nature, perspicaces, intelligents seuls et collectivement. Comment résister au bouche à oreille des blogs, qui construisent une notorièté avec 100 fois plus d'efficacité qu'une campagne de relations publiques réussie.

Les nouveaux consommateurs sont partout dans le monde, ils utilisent plus l'Internet que la télévision pour s'informer et se divertir, Ils ne lisent presque plus la presse, et ils écoutent la radio, mais personnalisable comme Pandora.

Des exemples sur l'excellent site TrendWatching.com >>> et sur epinions>>>

Le marketing dynamique, c'est :

La promotion est aujourd’hui insuffisante, il faut parler de persuasion

Se baser sur la psychologie ou l’appartenance sociale d’un acheteur ne fait plus sens, il faut étudier les communautés, les tribus interactives, les phénomènes de buzz

Ce n’est plus le fournisseur via le marketer qui est la référence, mais les consommateurs qui jugent et notent le produit

La publicité n'est plus créée par des agences, mais elle est fabriquée en utilisant les forces intellectuelles, les opinions et les besoins des utilisateurs.

Les communautés vont influencer les produits, les adapter, les orienter avant leur mise sur le marché

Le Buzz est l’un des composants incontournables du marketing dynamique

Le prix n’est plus fixé par le vendeur mais par les acheteurs, il faut parler alors de prix dynamique qui se construit en temps réel sur le réseau via les comparateurs de prix et sites d'enchères

Le mass media est mort, il faut personnaliser les messages persuasifs

La télévision va évoluer d’un modèle de grille de programmes imposé au téléspectateur à un modèle à la carte et personnalisé, terminé les prime time, ce sera « all the time »

Les spots visuels et audios seront achetés aux enchères, et d’un format très court. La presse va puiser de plus en plus ses annonces sur l’Internet dans une formule mixmedia

Chaque individu ou groupe peut devenir support publicitaire via les blogs ou les sites Internet, et partager les revenus publicitaires avec les autres médias, Adsense de Google ouvre déjà des opportunités de gagner des commissions payées par des annonceurs, et d'autres formats vont arriver. Ces supports sociaux pourraient à terme dépasser les surfaces d'annonces des médias traditionnels

Les sociétés doivent maintenant se poser les vraies questions sur le futur de leurs communications, en s'autoformant sur les nouvelles règles pour mieux les maîtriser en interne, à la source de leur richesse.  

Il n'est plus question d'imaginer aujourd'hui la publicité au sens propre du terme, car la publicité, ce sera nous. Nous le faisons déjà plusieurs fois par jour, en recommandant un produit à un ami par email ou sur un blog. C'est cette force que les marketers doivent comprendre et capter pour construire les réussites de demain.

C'est n'est plus de modèles d'organisation, de process, de management, de publicité dont il va falloir parler, mais de modèles construits sur les relations humaines, les échanges sociaux et le partage de l'intelligence.

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Transfert dans l’allocation du budget publicitaire online global
December 28, 2007 at 22:15

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Marielle April 28, 2006 at 09:23

Cher Pascal,
Ton érudition est stupéfiante, ton article est du tonnerre; c’est une source d’inspiration superbe pour insuffler un peu de ce sang nouveau à notre site et créer notre communauté !

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Vanina July 13, 2006 at 15:57

Bonjour,
Tout ceci est particuièrement vrai. Il faut maintenant que chacun en prenne conscience. Merci pour cette analyse.

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EricB October 9, 2006 at 19:56

Bonsoir Pascal. Tout d’abord un grand bravo pour cet article que je trouve très lucide quant à l’évolution que prend l’économie du web. Il confirme notamment (et malheureusement) une thèse que j’ai développée il y a quelques temps prédisant, de manière un peu provocatrice certes, que le Web 2.0 allait implosé par manque de publicité (http://newbiz.romandie.com/post/4683/28377). Ainsi tes propos disant “Il n’est plus question d’imaginer aujourd’hui la publicité au sens propre du terme, car la publicité, ce sera nous. Nous le faisons déjà plusieurs fois par jour,…” ou encore “chaque individu ou groupe peut devenir support publicitaire via les blogs ou les sites Internet,…” étayent mon analyse.
Si nous nous mettons, nous consomaCteurs, à remplacer la publicité traditionnelle grâce à des services Web 2.0, celle-ci va se mettre à manquer pour financer tous les services Internet. Et il risque d’y avoir de la casse auprès des services n’ayant pas cherché des revenus alternatifs.
La question est de savoir si les consomaCteurs sauront se faire payer pour cette publicité dont ils sont les vecteurs. Quoique si paiement il y a, alors le jugement ne sera plus neutre et sa valeur pour la communauté diminuera. Le site Payperpost (http://payperpost.com) va déjà dans ce sens puisqu’il propose de payer des blogueurs pour qu’ils parlent positivement de tel ou tel produit. La question est de savoir si les blogueurs seront prêts à perdre leur crédibilité pour quelques francs (ou euros !). Mais on peut aussi imaginer des blogueurs ayant plusieurs identités, exprimant leur scepticisme sur leur site officiel et parallèlement louant le même produit sur un blog annexe et sous un pseudonyme et ceci contre rétribution. L’enveloppe budgétaire globale en publicité online sera peut-être finalement inchangée mais un transfert de son allocation des plateformes Internet vers les utilisateurs individuels pourrait bien avoir lieu. Fascinant. Il faudra que je développe cette notion lors d’un prochain post. Amitié. EricB

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Henri kaufman December 15, 2006 at 12:04

Bon, j’avais rien à faire ce WE ( :-) )), et bien je vais lire ton post qui m’apparaît extrêment intéressant. Je réfléchis bcp à ces questions sur mon blog “et si l’on parlait marketing”…
@ sur le on line !
Henri

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