La Suisse est un pays très attractif pour les startup

by pascal.rossini on November 6, 2006

in Business, SKY-click, Startup, Web 2.0

En me référant à cet article paru dans le Temps du lundi 6 novembre, je ne peux que m’étonner des dizaines de clichés négatifs qui parcourent les colonnes des journaux économiques helvétiques.

En voici donc un extrait que je vais commenter puisque la presse en ligne (à part Libération) ne permet pas encore le « courrier des lecteurs en ligne» ou les commentaires en annexe de chaque article. Bien sûr, j’exclu de ces commentaires les sciences de la vie comme le précisent les co-auteurs.

FINANCE : Le capital-risque, devenu ultra-sélectif, n'a pas encore une taille critique en Suisse Date de parution: Lundi 6 novembre 2006

Auteur: Daniel Eskenazi et Myret Zaki

START-UP. Les business angels ont choisi de combler le vide de financement affectant les secteurs hors des sciences de la vie. Pour créer Google, Sergei Brin et Larry Page cherchaient des fonds. Un jour, ils rencontrèrent Andy Bechtolsheim, fondateur de Sun Microsystems. Pressé, il leur demanda de quel montant ils avaient besoin pour poursuivre leurs activités pendant deux ans. Puis il leur signa un chèque de 100000 dollars. Pour pouvoir l'encaisser, les deux fondateurs furent obligés de fonder Google.

Cet exemple illustre à quel point la Suisse se situe à des années-lumière des Etats-Unis en matière de financement de jeunes entreprises. «Il n'existe pas une culture de financement précoce des jeunes pousses, liée à une prise de risque. En dehors de certaines banques régionales comme la Banque cantonale de Zurich, très peu d'établissements financent les start-up», constate Nicolas Berg, un «business angel» qui a investi dans 16 sociétés depuis 2000.
Le Temps

La Suisse n'est pas à des années lumières, bien au contraire, ce n’est pas le manque d’investisseurs qui fait défaut en Suisse mais le manque de projets à dimension internationale. En effet, vouloir créer une startup dédiée au marché Suisse et par extension linguistique à la France, l’Italie ou l’Allemagne est un non sens aujourd’hui. Le marché est plat et global et il faut penser « Big » « Worldwide ».

La réalité est qu’il ya en Suisse trois sociétés Internet et Telecom qui peuvent prétendre à cette stature internationale, c’est Cocomment financée par Swisscom Innovation, Echovox financée par un fond d’investissement et ADS-click, la société que j’ai fondée avec des capitaux privés et qui va annoncer dans quelques semaines une levée de fonds.

Ces trois sociétés sont maintenant connues en Europe (Echovox) et dans le monde entier en bénéficiant d’une grande notoriété aux US et en Asie grâce aux suivis de commentaires sur les blogs pour Cocomment et au call centre VOIP dématérialisé sur Skype qui trouvent leurs bases clients mondialement. Mais nulle trace dans l'article du Temps.

En dehors de ces trois exemples, il n’y a aucune société active significative dans l’internet en Suisse qui gravite à un niveau mondial et il est donc inutile d’expliquer que la culture du financement n’existe pas en Suisse dans ce domaine. Oui, elle existe si les idées et leurs réalisations ont un grand potentiel international. 

Reprise timide en Suisse
Alors que 2006 promet d'être une grande année pour le capital-risque aux Etats-Unis, la reprise est plus timide en Suisse. Les opérations y restent relativement rares, ce qui s'expliquerait par le différentiel de rendement. «Les rendements historiques du capital-investissement en Europe sont largement inférieurs à ceux des Etats-Unis», explique Pierre Kladny, associé gérant de Valley Road Capital.

Ce différentiel serait dû au fait que l'investissement dans des sociétés en démarrage en Europe, mis à part des exemples comme Skype et Logitech, «a généré très peu de succès planétaires», selon Christophe Borer, représentant romand de la Swiss Private Equity and Corporate Finance Association (SECA).

Malgré cela, la faillite de la biotech Geneprot en 2005 semble oubliée, comme en témoignent les initiatives récentes. En octobre, divers institutionnels (BCV, Retraites Populaires…) ont lancé le fonds Initiative Capital Romandie, qui co-investit avec des capital-risqueurs, et Swisscom a mandaté Vinci Capital pour investir 20 millions dans des start-up prometteuses. Cette année, la biotech suisse a en outre connu des afflux de capitaux significatifs. La semaine dernière, la jeune pousse genevoise NovImmune a récolté 58 millions de francs, l'une des plus grandes opérations de ce type en Europe. Et il y a deux mois, Addex, autre biotech genevoise, a levé 40 millions, grâce à des sociétés de capital-risque renommées.

Calcul purement financier
Mais voilà: la concentration du capital-risque est de plus en plus forte sur les secteurs clés que sont les sciences de la vie, les «medtech», les «nanotech», ou les semi-conducteurs. Même dans ces catégories, «sur 100 projets de bonne qualité, 3 à 5 seront financés», juge Olivier Tavel, fondateur de Vinci Capital, qui gère avec Christian Waldvogel les fonds Renaissance lancés en 1998. Tous les autres secteurs, à commencer par l'Internet et les télécoms, mais aussi l'industrie et les services, ne voient quasiment pas passer ces courants élevés de capitaux. «Ce nouvel engouement ne concerne en effet que les projets les plus pointus et dont la qualité de l'équipe de gestion est la meilleure», concède Alain Nicod, fondateur de LeShop.ch, et directeur de Venture Incubator Partners. «C'est le potentiel qui dicte la concentration des capitaux», confirme Martin Velasco, patron de Speedlingua et président de la biotech AC Immune. Cette forte concentration s'explique aisément: «C'est le calcul froid du rendement», résume Pierre Kladny.

Risque surproportionnel
Olivier Tavel détaille: un investissement dans les sciences de la vie et les technologies médicales comporte un risque technologique important, mais pas forcément un risque de commercialisation. Par contraste, une société d'un secteur plus traditionnel qui a un potentiel de création de valeur moins important affichera des risques technologiques, de mise en production et commerciaux, pour passer de 0 à 1 million de chiffre d'affaires, jugé sur proportionnel. «Une société qui générera sur 10 ans un chiffre d'affaires entre 1 et 5 millions et qui n'offre pas de potentiel élevé de croissance a aussi un risque que l'investisseur ne puisse pas revendre son investissement», ajoute Olivier Tavel.

Micro-capital-risque boudé
Bref, tous les secteurs qui créent peu de valeur mais qui, ensemble, représentent un vaste pan de l'économie helvétique n'entrent pas dans le radar des grands fonds de capital-risque. «Il est extrêmement décevant de voir que la plupart des initiatives ne touchent pas les plus petites entreprises en démarrage», note Armand Lombard. Selon le président de Genilem, on ne voit pas de banques régionales s'intéresser au «micro-capital-risque, dont les besoins de financement vont de 200000 à 1 million de francs. Là, il existe un vaste besoin qui n'est pas couvert». Les initiatives de Bisange et de Capital Proximité (dans le canton de Vaud) n'ont pas eu de succès ces dernières années, faute d'investisseurs. Aujourd'hui, un investisseur en capital-risque se gardera bien de le faire dans un esprit «Croix-Rouge», mais sélectionnera les meilleurs projets selon une logique purement financière. «Alors qu'en Inde par exemple, l'on cherche certes à favoriser la rentabilité mais aussi une plus large dynamique sociale, des créations d'emplois, distingue Armand Lombard. Ce qui manque cruellement ici, c'est une dynamique humaniste.» Si les sociétés de capital-risque se concentrent sur les sciences de la vie en Suisse, à coup de dizaines de millions de francs parfois, les business angels, eux, comblent un vide dans d'autres secteurs. «Nous investissons en moyenne 150000 francs et c'est notre argent», souligne Christophe Beaud, président de l'Association suisse des business angels.

Importer des entrepreneurs
Ces derniers sont généralement d'anciens entrepreneurs. Ils privilégient des secteurs comme les télécoms et les logiciels. Toutefois, s'il existe 190000 millionnaires en Suisse, «à peine 1% d'entre eux sont prêts à investir dans des jeunes entreprises, contre près de 10% aux Etats-Unis», souligne Nicolas Berg. Lui mise sur les jeunes pousses dont le besoin en capital ne dépasse pas 10 millions de francs avant d'atteindre l'équilibre financier. A investissement risqué correspondent des attentes de rendement très élevées. «Je dois pouvoir multiplier mon investissement par 30 en 5 ans. Avec un ou deux succès, je compense les pertes sur cinq à sept projets.» Autres secteurs prometteurs, selon Florian Schweitzer, partenaire chez B-to-v, société de capital-risque saint-galloise, la microtechnologie et l'Internet. «Les capitaux existent, mais il manque de très bons projets à fort potentiel de croissance.

«Il existe une sorte d'enfermement des entrepreneurs qui ne pensent pas global.» Selon Alain Nicod, «il manque des entrepreneurs qui savent transformer les idées en produits qui marchent». Il met l'accent sur l'utilité d'importer des entrepreneurs étrangers pour gérer des start-up.
Le Temps

Il ne faut pas attirer les talents étrangers en Suisse par l'excellence ou les idées, il faut simplement expliquer aux créateurs de startup que la fiscalité Suisse n’impose pas la vente d’action. Zéro impôt sur la vente des actions détenus en Suisse !!! C’est amplement suffisant pour que n’importe quel entrepreneur ne pense plus à s’installer en France ou en Allemagne où les impôts prélevés sur la vente d’actions peuvent s’élever à plus de 40%. 

En plus, CTIstartup, une organisation fédérale aide les startup à s'organiser en les coachant dans leurs phases de démarrage.

A part l’article 725a de la loi Suisse pour surendettement qui peut menacer (mais sans risque réel car c'est souvent les fondateurs ou les investisseurs qui en sont les principaux créanciers) une startup à moyen terme, la Suisse, avec le Luxembourg est l’un des pays les plus attractifs du monde.

Donnez envie d'entreprendre, mettez en avant les avantages de la Suisse, pour que demain, 30 startups de niveau mondial en Suisse soient une réalité, et cessez, messieurs les journalistes de diaboliser ce pays, berceau de l'Internet.

On ne lit que très rarement dans vos pages des notes sur Cocomment, Echovox et Sky-click. Par contre, de nombreux blogs et sites emblématiques du web 2.0 en parlent dans la Silicon Valley…et dans tous les pays du monde.

C'est un comble !

Cocomment sur Techcrunch

Sky-click sur Techcrunch

SMSConnect – Echovox sur Techcrunch.fr

 

Cocomment sur Technorati

Sky-click sur Technorati

et sur TMCnet, Un blog spécialisé dans la VOIP aux US

Sky-click au Japon 

{ 9 comments… read them below or add one }

Mickael November 6, 2006 at 19:33

A noter que le potentiel de rencontres entre investisseurs et entrepreneurs est là : Genilem est en celà un modéle pour bcp .. De même, l’idée des petitsdejeuners.ch est excellente.

Ps : dans ta liste, tu as apparemment omis K-Team et son robot-jockey, Cinetis et son process de digitalisation de films super8, EMoovie et son concept de sécurité VOD…Tous suisses et fiers de l’être :smile:

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Thierry November 6, 2006 at 19:57

Je ne metterai pas Echovox au même niveau que Ads-Click et encore moins que CoComment, dont les revenus doivent être négatifs et le business model inexistant. Pour le reste, d’accord pour dire que la situation en Suisse n’est pas si mauvaise que cela.

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pascal.rossini November 6, 2006 at 21:00

Ads-click a des business model, désolé de te contredire:smile:, merci à mickael pour avoir cité d’autres startup afin de démontrer que la Suisse est très bien placée et RDV aux Web3 à Paris:-)

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Thierry November 6, 2006 at 21:14

je parlais de CoComment précisément ;)

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Mickael November 7, 2006 at 08:04

Difficile pour moi de venir sur Paris mais je m’en vais pondre un post sur l’attractivité des start-ups mexicaines et le coût de la vie [ et d'une agence de traduction ] au pays des sombreros et de la tequila ;o

Une autre start-up à ne pas oublier : Kaywa Kaywa, la plateforme de blogs mobiles suisse [http://kaywa.com/fr], des services innovants et une approche simple des contenus mobiles !

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Michel November 13, 2006 at 23:39

D’accord avec Thierry. Echovox est une vraie réussite commerciale. Quant à Cocomment, en dehors du buzz, c’est un flop total. Tant en terme d’audience que de revenus. Il faudra bien une fois que Swisscom dévoile la réalité sur Cocomment… Le bluff a une limite:eek:

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pascal.rossini November 14, 2006 at 08:36

Je vous répondrais que cocomment aujourd’hui sur le marché pourrait valoir 300 millions de $ en raison de son volume d’utlisateurs. (combien valorise Echovox ?) Ce que je veux dire, c’est que Youtube et les acquisitions à venir vont changer la manière dont nous établissons les valeurs des sociétés. Pour mémoire Kudelski est né il y a plus cinquante ans, a plus de 1500 employés, dans un domaine très mouvant et instable. Et bien youtube et kudelski ont la meme valorisation sur le marché
La différence : youtube a une soixantaine d’employés, est né il y a 18 mois, etc…

… et the venice project des fondateurs de Skype va entamer très sérieusement le business model de kudelski… qui se retrouve confronté à des modèles qui n’ont aucun encrage avec les référentiels connus.

C’est cela qui est la référence aujourd’hui à cause de l’immense potentiel de l’internet.

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Michel November 14, 2006 at 21:29

Pascal, pour Youtube et ses USD 1.6 millard, nous parlons d’un site avec de 3 milliards de visites par mois. Cocomment a un très vilain trend sur Alexa.com (25′000ème seulement…), on parle d’un service avec 100′000 fois moins de volumes que Youtube et de faibles revenus. Je veux donc bien qu’on parle de 300′000 dollars… Je suis très surpris par le manque de lucidité de certains bloggers suisses concernant Cocomment. :shock:

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emoovie team March 10, 2007 at 05:37

Bonjour,

On parle de nous ??? Nous sommes prometteur ??? Non, jamais :roll: pour preuve, les majors du cinéma nous ignorent. Il nous manque des fonds pour faire un test du système en live… Donc si quelqu’un a des fonds ou même un serveur dédié pour quelques jours, nous sommes preneurs :wink:

A bientôt

eMoovie Team

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