Le contenu, vie et mort des médias

by pascalr on September 25, 2009

in Advertising,Changements

Il est toujours facile de critiquer sans apporter de solution, d’évoquer la chute des revenus publicitaires et de jeter de l’huile sur le feu dans les médias de l’ancienne génération comme la presse, la télévision et les radios.

Pourtant, en analysant les fondements et la genèse des médias à partir du début du 20e siècle, il est aisé de comprendre pour quelles raisons ceux-ci connaissent une crise sans précédant aujourd’hui.

Tout d’abord, à l’origine de la création des médias, le contenu a été sous estimé, sous vendu. Acheter un journal papier 1 $ alors qu’il faut payer des dizaines de journalistes et les services d’impression est un non sens en terme de business model. Même si la marge brute dégagée à l’époque était positive et cela reste encore à prouver, elle était insuffisante pour assurer la pérennité du média.

Il fallait donc trouver d’autres sources de revenus pour continuer à produire du contenu de qualité, et la publicité est arrivée pour palier à ce besoin, bonne ou mauvaise solution, créant un cercle vertueux en forme de lobby qui perdure encore aujourd’hui, pour quelques années encore.

La seule vraie question est : pourquoi le contenu ne coutait presque rien ? Et que ce n’est pas 1$ qu’il fallait vendre un quotidien mais 20$, voir 50$ pour habituer le consommateur au fait que l’information est chère ! Là est toute la question. Est-ce à dire que le contenu n’a pour ainsi dire jamais eu de valeur commerciale ? Lui qui est pourtant si couteux à produire.

L’information et le divertissement sont pourtant des besoins vitaux de notre culture et de nos sociétés, pourquoi ont’ils été bradés ?

Internet est arrivé et a résonné comme un révélateur puissant de ces faiblesses, le contenu devenait gratuit, dématérialisé, se téléchargeant sur tous types de terminaux, entrainant des changements profonds dans toutes les industries de l’information et de divertissements.

Si l’on analyse d’autres médias proche de la presse, mais différents dans leur business model, il est très intéressant de noter que les diffuseurs ; salles de cinéma, télévisions ou radios font reposer leurs activités sur un business model que l’on peut qualifier de «dramatiquement pauvre» en comparaison des vrais gagnants que sont les producteurs et les artistes. En effet, le prix des billets d’entrée de cinéma est très bas et ne parvient pas à payer la location des films. La gratuité de la télévision et des radios qui doivent acheter des contenus à prix d’or est une aberration. Seule, la publicité constitue une source de revenus pour ces médias qui sont, de ce fait, sous perfusion et survivent par procuration.

Nous sommes bien loin de définir la qualité des contenus mais bien de la manière dont ils sont diffusés et payés. La publicité traditionnelle et le contenu sont aux antipodes, car toujours hors contexte, comme des frères ennemis qui cohabitent pourtant dans un intérêt commun. Google avec la publicité délivrée lors d’une recherche à prouvé que ce modèle pouvait cohabiter parfaitement avec le contenu, d’autres formes d’ententes parfaites entre le contenu et la publicité vont voir le jour, mais les vieux médias ont été condamnés dès leur naissance, par une sous-évaluation de leurs actifs.

Update : Quality Reporting Doesn’t Come Cheap Wall Street Journal  SEPTEMBER 26, 2009

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