Le business de la reconnaissance

by pascalr on June 30, 2011

Update 18/05/2012 :  Spotting The Next Facebook: Why Emotions Are Big Business

Facebook et les réseaux sociaux ont démontrés que leurs réussites tiennent en un mot magique “LA RECONNAISSANCE”. Ce n’est pas la technologie, une invention ou des génies qui sont à l’origine de cette fabuleuse création de valeur qui se chiffrent en milliards de $, non, ce n’est que le reflet financier du phénomène de la gratification émotionnelle.

Le web 1.0 a été l’instigateur de la recherche d’information et de la transaction. Le web 2.0 et 3.0, celui de la reconnaissance ! Le service qui image le mieux ce constat est Foursquare, un service de localisation d’individus sans grand intérêt, tout au plus il permet d’obtenir quelques deals ou coupons si on fait un ou plusieurs check-in ! Pourtant Foursquare a réussi à s’imposer grâce à un processus très intelligent qui est fondé sur les gratifications. Etre un héros improbable, le maire virtuel d’un vrai lieu, accumuler des badges touchant de naïveté, ce qui permet de démontrer à sa communauté que l’on est un personnage important dans un Glocalcosme digital irréel et factice.

C’est “La grande révolution de ce début des années 2000” qui a commencée avec Second life et qui se propage à une vitesse vertigineuse avec Facebook et cie, l’accomplissement de soi dans un autre monde où il est possible d’être reconnu !

Ces tendances touchent toutes les strates sociales, des plus démunis aux plus aisés, sans distinction car le DNA humain contient les gènes du besoin de reconnaissance, qualité qu’il est très difficile d’obtenir dans le monde réel car tout est construit autour de “l’ingratitude” chronique. Il y a quelques semaines, j’avais découvert un article très intéressant sur le blog de Jérémie Berrebi, entrepreneur et Business Angel, sur le thème de l’encouragement et de la reconnaissance, si justement écrit et si vrai.

Oui Facebook, Foursquare, Instagram, Linkedin, Twitter ne sont pas seulement des outils sociaux, ce sont des mécanismes qui permettent la gratification virtuelle, celle qui ne coute rien, un like par ci, un badge par là, un Twit retwité, une recommandation positive… Des millions d’individus se complaisent dans une révolution bien plus importante encore que celle de l’ère industrielle et Internet, c’est l’ère de la gratification gratuite, d’un univers apocryphe, d’une fuite de la réalité vers une forme de paradis feutré peuplé d’amis souvent inconnus et de légitimations.

La question est : combien de temps encore ce bouleversement va t’il fonctionner ? Je parie que dans trois ans, Facebook sera vendu pour le 10ème de son prix actuel, comme Myspace aujourd’hui, dès que nous aurons quittés cette planète en masse pour d’autres rêves.

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