La pensée digitale unique

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De tout temps, L’innovation et les changements ont été les ingrédients indispensables aux bouleversements de la chaîne de valeur humaine. Ainsi tous les composants politiques, économiques et ethniques ont été poussés à s’adapter ou à disparaitre. Mais pour autant l’adaptation ne suffit pas, malgré cela, des civilisations puissantes très avancées pour leur époque ont été rayées de la carte du monde de manière subite ou progressive.

Il n’y a que des exemples, depuis 7 millions d’annéesdate de l’arrivée des premiers hominidésd’espèces et de cultures qui ont disparues ! Jamais une civilisation n’a connue une longue durée de vie à l’échelle du temps. C’est une constatation historique factuelle et qui ne peut pas être remise en question.

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Dès le début du nouveau millénaire, un mode de pensée « révolutionnaire » s’est répandu globalement mettant en valeur une idéologie solutionniste construite sur la glorification des innovations, la course aux changements profonds de société, et la consécration du Dieu « Argent » qui alimente les valorisations stratosphériques des jeunes entreprises, mais aussi la fortune des actionnaires, créant un monde parallèle en dehors du temps. La génération du millenaire a comme leitmotiv de changer le monde ! Mais seulement le sien, celui des nantis technophiles, par l’afflux massif de monnaie gratuite qui n’existe pas, fabriquée par les ordinateurs des banques centrales.

La dictature des modes de vie et du consumérisme forcent aujourd’hui l’adoption rapide des technologies par peur d’être exclu du monde social et professionnel… Pourtant, presque tous les modèles d’affaires du numérique reposent sur l’illégalité et la transgression de l’état de droitIl est donc subversif de penser la réalité du monde ! 

C’est l’idéologie dominante de la Silicon Valley, avec en ligne de mire le Transhumanisme, la santé hyper-connectée et le grand remplacement de l’état nation.

Cette idéologie libérale irréaliste est devenue la « Pensée Unique » de toute la génération post-années 2000, qui se complait dans la précarité ou l’extrême richesse. Elle veut faire de chaque individu un entrepreneur responsable parce que les emplois de l’ère industrielle sont détruits par la technologie, l’intelligence artificielle et la robotisation sans être remplacés. Sans doute, il est encore tôt pour juger si ces modèles permettront à un grand nombre d’individus de survivre dans un univers économique hautement toxique, mais la réponse ne tardera pas à venir.

L’ancien monde est moqué par ce mode de pensée unique lors des TEDx, dans les incubateurs ou pendant des événements que l’on nomme « Carrefour du Digital » où viennent se rencontrer des jeunes diplômés désoeuvrés avec des projets solutionnistes tous aussi ridicules les uns que les autres, devant les yeux envieux d’investisseurs naifs à la recherche de taux d’intérêt positifs à n’importe quel prix.

Devant l’appauvrissement des ressources naturelles, les changements climatiques à venir, le règne de la pensée digitale unique, et le problème des excédents de population dans le monde !
NE SOMMES-NOUS PAS DEJA ENTRÉ DANS UNE PHASE ACTIVE D’EXTINCTION ?

C’est à cette question qu’il faut répondre avant de parler du futur, de la colonisation de Mars ou du Transhumanisme car il se peut qu’il n’y est plus personne pour construire et s’embarquer dans les vaisseaux spatiaux imaginés par des milliardaires avides de reconnaissance en se prenant pour Dieu, alors que la misère et la famine sont devant nos portes et que les nouvelles générations défavorisées n’ont plus d’espoirs :

71 million unemployed youth worldwide and 156 million young workers living in poverty: youth employment remains a global challenge and a top policy concern

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Comme réponse à ces problèmes, l’ère digitale ne répond que par l’émergence sournoise d’une nouvelle forme de capitalisme totalitaire, dans lequel les nouveaux citoyens du millénaire se complaisent en attendant d’être télé-portés en rêve ultime, sur une autre planète ou une autre galaxie.

Après la désindustrialisation, la dématérialisation

Faudra-il attendre 40 ans pour que la théorie de la destruction du travail tel qu’on le définit aujourd’hui soit reconnue ?

Si l’optimisme politique de façade est d’actualité en Europe (1) concernant la baisse du nombre des chômeurs en 2014, il n’en va pas de même dans les faits.

La désindustrialisation dans le monde s’accélère depuis plusieurs décennies, mais ce n’est rien en comparaison de la dématérialisation ou encore le désemploiement forcé qui vont provoquer en moins de 20 ans le plus grand plan social de licenciements de l’après guerre dans tous les pays industrialisés.

En France, un simple coup d’œil sur notre environnement de vie actuel nous éclaire déjà sur l’omniprésence de ce phénomène. Il n’y a presque plus d’employés dans les agences bancaires car il est possible de réaliser toutes ses opérations directement par Internet ou aux distributeurs, la poste aussi opère une mue vers des services postaux sans employés. Les supermarchés s’équipent de caisses automatiques sans caissière, des robots vont bientôt achalandé les rayons de marchandises. Bientôt des taxis sans chauffeur vont nous conduire automatiquement sur certains tronçons, etc…


Des caisses automatique chez Carrefour

Les services publics ont de plus en plus de guichets numériques qui font baisser significativement le nombre de fonctionnaires et bien d’autres secteurs encore vont détruire l’employabilité dans un futur proche, comme les services web et mobiles de “l’économie de partage” qui éliminent les intermédiaires physiques.

Les progrès économiques des 100 dernières années ont été une période faste dans l’histoire de l’humanité, car ils étaient fondés sur des travaux exécutés par la main de l’homme, motivant le plein emploi. Au 21è siècle, les robots et les logiciels remplacent ou vont remplacer des métiers incontournables dans tous les secteurs, des transports à la chirurgie.


Un Medipod qui opère sans chirurgien dans Prometheus de Ridley Scott 

Ces profonds changements sociétaux et économiques ne semblent pas encore être bien compris ! Comment font les politiques pour ne pas voir ou ignorer ces tendances irréversibles, trop préoccupés par le court terme? Que font les conseillers stratégiques des pouvoirs pour tenter de trouver des pivots ?

En 1912, le météorologiste Alfred Wegener suggère que la symétrie observée entre le contour des continents, en particulier entre la côte ouest de l’Afrique et la côte est de l’Amérique du Sud, n’est pas le fruit du hasard et qu’il y a bien une dérive des continents. Sa découverte fut rejetée par ses confrères jusqu’en 1950 où il a été prouvé qu’il avait raison. Faudra-il attendre 40 ans pour que la théorie de la destruction du travail tel qu’on le définit aujourd’hui soit reconnue?

1) Chômage en zone € (2013) :

 

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