Le Cyber-utopianisme*

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Quel que soit le niveau d’instruction, le niveau intellectuel ou la culture, seule une infime minorité de la population a réellement conscience de ce qu’est la création monétaire, des mécanismes qui lui sont attachés, et de ce qu’il y a d’existentiel, pour une nation ou un peuple, de disposer de sa pleine souveraineté monétaire comme du contrôle des données accumulées par les logiciels et les technologies numériques d’entreprises privées.

C’est à la faveur de cette IGNORANCE de masse savamment entretenue que la monnaie dette créée par les banques privées et que les entreprises de la Silicon Valley peuvent régner aujourd’hui sans partage sur nos destinés et celles des états.

Leurs interdépendances sont pourtant visibles, car comment expliquer les valorisations gigantesques d’entreprises comme Uber, Google et Facebook sans un soutien intéressé de la BCE et de la FED qui, à renfort de QE (Quantitatif Easing) injectent des milliards de $ par jour dans des achats d’actions ou de capitalisation.

Les Banques centrales avec les QE créent de la monnaie, sous forme électronique, appelée monnaie scripturale ex-nihilo (créée à partir de rien) pour acheter aux banques privées des titres obligataires en leur possession : des bons du trésor ou des obligations, par exemple. Le but étant que les banques investiront ensuite cet argent frais dans l’économie réelle. Au lieu de cela, elles font travailler cette manne sur les marchés financiers pour enrichir les actionnaires et abreuver les fonds de capital risque de milliard de $ pour investir dans des entreprises technologiques.

Les UFAA ne possèdent aucune valeur concrète sous forme de biens tangibles, cependant elles détiennent des données qui intéressent au plus haut point les agences de renseignement et les multinationales pour promouvoir leurs produits. Si Uber valorise aujourd’hui 65 milliards de $ sans être cotée au Nasdaq, ce n’est pas pour le logiciel ou l’innovation qui rapprochent les clients des voitures taxis, mais pour une opération financière de grande envergure.

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Pourquoi laisser à des entreprises privées le soin d’accumuler des données qui régissent nos vies de manière bien plus profonde que la politique et l’état de droit ? Pourquoi financer les banques privées pour qu’elles enrichissent des actionnaires au détriment des citoyens, ne serait-il pas plus simple et plus efficace de distribuer directement CETTE MONNAIE TOMBÉE DU CIEL aux acteurs de l’économie, aux actions sociales, ou pour la transition énergétique ? Mais l’on touche, avec cette question, au plus grand tabou de la politique économique : très rares sont les gens “sérieux” qui se risquent à la poser.

Il faut alors entretenir un climat de peur, On comprend donc l’hystérisation du débat par la classe politico-médiatique à toute évocation d’une sortie de l’euro avec en priorité la Grèce mais aussi d’autres pays : il s’agit de terroriser par l’annonce de catastrophes purement imaginaires (explosion de la dette, hyperinflation, mise de la France au ban des nations, programme politique de l’extrême droite, effondrement de l’économie, etc.). En fait cette sortie n’est en soi qu’une simple opération technique de sortie d’union monétaire, et il n’y a pas d’exemple que de telles opérations, qui n’ont rien d’exceptionnel, aient abouti à des échecs. A son issue, la France se retrouverait simplement dans la situation de l’immense majorité des pays de la planète, et, cette fois-ci, sur un pied d’égalité avec eux. C’est le même tabou au sujet de la création monétaire, personne ne vient expliquer simplement au peuple comment est créé la monnaie par peur d’un soulèvement social. IL FAUT QUE LA MONNAIE D’UN PAYS PUISSE S’ADAPTER À SON ÉCONOMIE ET NON LE CONTRAIRE COMME C’EST LE CAS EN EUROPE.

Pourquoi ce sont toujours les mêmes économistes et analystes qui viennent prêcher la bonne parole sur les chaines d’infos et les débats publics, celle qui doit être à l’avantage de la politique économique suicidaire des banques centrales qui va in-fine les enrichir personnellement.

Pourquoi continuer à écouter les gurus ou experts malveillants du numérique dans les médias ou les conférences internationales qui véhiculent toujours des parodies d’idéologies néo-libérales qui s’inspirent du solutionnisme et du consumérisme exacerbé.

99% des créateurs de startups y compris les fintechs et autres think tank, incubateurs ne connaissent rien au système monétaire moderne ! c’est comme vouloir être médecin sans rien connaitre à la biologie et aux fonctionnements des organes du corps humain.

Ce modèle de société néo libérale contrôlée par les banques et la Silicon Valley n’est pas un exemple sociétal et ne le sera jamais, l’argent dette et les technologies ne peuvent se substituer à l’état de droit et à la politique sans créer une société violente et inégalitaire.

Nous sommes tous responsables par notre aveuglement et nos croyances en imaginant qu’une société meilleure et plus collectiviste peut émerger d’un paradigme fétichiste et obsolète « Changer le monde par la technologie et le consumérisme »

Il n’est pas possible de décolérer le système monétaire de l’activité des marchés, de l’innovation et du capitalisme ! C’est comme si des millions de débats étaient caduques et sans substance provoquant le grand bruit de fond des errements de notre civilisation.

* inspiré de :

https://en.wikipedia.org/wiki/Cyber-utopianism

A lire ou voir absolument :
Evgeny Morosov

http://www.lemonde.fr/…/evgeny-morozov-le-pouvoir-de-google…

Mario Draghi, rendez la planche à billet au peuple !

http://tempsreel.nouvelobs.com/…/mario-draghi-rendez-la-pla…

L’euro, arme de destruction massive des nations

http://www.polemia.com/leuro-arme-de-destruction-massive-d…/


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Le Cyber-utopianisme*