Entreprendre ! La ruée vers l’or numérique

Mai 68 est un ensemble de mouvements, grèves et manifestations survenus en France, en mai-juin 1968.

Ces événements constituent une période et l’une des ruptures marquantes de l’histoire contemporaine française, caractérisés par une vaste révolte spontanée antiautoritaire, de nature à la fois culturelle, sociale et politique, dirigée contre la société traditionnelle, le capitalisme, l’impérialisme et, plus immédiatement, contre le pouvoir gaulliste en place.

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Enclenchée par une révolte de la jeunesse étudiante parisienne, puis gagnant le monde ouvrier et pratiquement toutes les catégories de population sur l’ensemble du territoire, elle reste le plus important mouvement social de l’histoire de France du xxe siècle.

Cette introduction que l’on trouve sur Wikipedia résume ce mouvement qui a aboutit à la destruction méthodique de la société Française par la génération de l’après Mai 68.

En 2015, nous sommes arrivés au même point qu’en 1968, mais notre révolution est numérique, plus de barricades mais des pare-feux, plus de Cohn Bendit mais un Elon Musk, plus de pavés mais des algorithmes ! La génération Y et Z se mobilise pour le chambardement numérique, il est pour elles synonyme d’aventure et d’un meilleur futur dans une société traditionnelle qui n’a rien à leur offrir en dehors de l’état de droit. Ils assimilent la technologie à une déesse salvatrice qui se fend même de présenter le « Transhumanisme » qui est la transformation du corps humain en entité numérique comme un nouveau modèle de civilisation. Cette « technologie » va apporter toutes les solutions à leurs problèmes !

les NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) sont leurs nouveaux dieux, leur nouvelle religion dont les lieux de cultes sont situés dans le Cyberespace et les Apple Store.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la liberté exaltée d’entreprendre associée à la force de détruire l’économie de l’ancien monde peuplée de rentiers antipathiques et de travailleurs esclaves de leurs dettes.

Devenir auto-entrepreneur de sa propre vie, offrir ses données de vie personnelle aux licornes de la Silicon Valley et aux agences de renseignement sera demain la norme. Il nous faut donc essayer de penser un monde où le travail salarié et les prestations sociales ne seraient plus la norme et où le contractant d’un CDI qui paye ses impôts serait vu comme un paria qui n’a pas su s’adapter.

Il existe deux typologies d’entrepreneurs: ceux qui sont structurés (1) et ceux qui s’inventent auto-entrepreneurs (2).

1 – Les jeunes diplômés grisés par les succès des nouvelles entreprises aux valorisations démesurées s’improvisent entrepreneur par nécessité car le marché de l’emploi s’est considérablement dégradé en raison justement de la robotisation. Les cursus des universités de management sont les principaux responsables de cette dérive du « entreprendre à tout prix » car ils n’ont plus de pouvoir sur la réalité économique. Enfin les sites de « Crowdfunding » qui favorisent le financement des projets par le bas permet la vulgarisation du concept de création d’entreprises. Attention, il ne pourra y avoir autant d’entrepreneurs que de salariés, et la limite sera très vite atteinte !

2 – Travailler à midi en CDD chez McDo, faire un peu de Uber l’après-midi ou soir, livrer des colis d’Amazon, faire le restaurant dans sa cuisine de 3 m2, sous-louer son appartement via Airbnb et allez dormir chez un ami, entrainent la nouvelle génération à se complaire dans une société de précarisation permanente.

La généralisation des ‘petits boulots précaires sans sécurité sociale’ dans l’ère numérique n’est pourtant pas un modèle de société pérenne

Le revenu de ce nouveau travailleur ne représente en fait que la part nécessaire à sa propre survie, il s’exempte d’impôts et de charges sociales qui constituent son surplus. Il transfert la valeur du travail par la location aléatoire de sa force physique et intellectuelle en recevant un paiement en contre partie par une carte de crédit via un intermédiaire numérique. Il n’a plus de cash ! et transforme ses gains en Bitcoin.

Il est donc réaliste de parler d’un Suicide annoncé de la génération milléniale qui a hérité depuis 1968 d’une société déstructurée, du système monétaire de la dette, de fossés abyssaux entre les plus riches et les plus pauvres mais aussi dépendant entièrement d’une économie essentiellement basée sur les énergies fossiles.

La nouvelle société civile post industrielle qui se dessine sera marquée par des crises financières systémiques, le retour des valeurs héritées du communisme comme le communautarisme qui induit une uniformisation des postures, la restriction des libertés, l’ultra violence et le chacun pour tous maquillé par la socialisation de la pensée unique.

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