L’ère numérique est-elle contre l’état de droit ?

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Nous avons tous connus des difficultés lors de démarches administratives diverses comme l’obtention d’un passeport, des actes de biens pour l’achat d’une maison, d’une voiture, d’un permis de conduire, pour les déclarations d’impôts, etc… A chaque demande, des dizaines de documents sont requis, et s’il en manque ne serait ce qu’un, les tracas et les délais se multiplient.

Ce sont les inconvénients d’une société avancée, structurée et organisée qui a mis plusieurs décennies avant de s’imposer comme un modèle pérenne.

Avec le numérique et l’internet, nous découvrons que chaque citoyen connecté peut se soustraire dans beaucoup de cas à cette organisation sociale certe encore perfectible, mais essentielle au maintien du fragile ordre économique et moral.

L’économie du partage s’est du reste établit durablement sur le non respect des lois établies en s’appuyant habilement sur le Nouveau et l’Innovation comme bouc émissaires. C’est bien plus la tricherie envers cet état de droit qui attire les utilisateurs que les biens loués ou services proposés par ces plates formes.

Il est possible de gagner plus en fraudant !

Avec AirBnB, par exemple, il est aisé pour les propriétaires de biens ou les locataires par la sous location de s’affranchir des autorisations ou des règles en matière de réception d’hôtes comme le contrat de bail. Il est aussi très facile de se soustraire aux diverses taxes en vigueur. C’est donc bien un modèle qui s’appuie sur des gains réalisés sans aucune démarche, ni contrôle, et non-déclaratif. Exactement à l’inverse de l’état de droit.

La société AirBnB utilise ces principes d’évasion fiscale à grande échelle pour elle-même.
Source BFMBusiness 2014: Airbnb possède bien une filiale en France (Airbnb France SARL) mais elle est détenue par Airbnb Holdings LLC, société immatriculée au Delaware. Un Etat américain reconnu comme un paradis fiscal au sein même des Etats-Unis. Cette filiale française a un chiffre d’affaire de 3.4 millions d’euros et n’a payé que 97 692 euros d’impôts en 2013. Selon les calculs de BFM Business, le chiffre d’affaire en France devrait en fait avoisiner les 100 à 130 millions d’euros.
Voir bilan de la société Française

Avec UBER, c’est le même but mais avec la différence que ce sont les habitants qui peuvent se transformer en chauffeur de taxi sans aucune compétence préalable avec comme guide les mêmes principes ; se soustraire aux taxes, travailler au noir (travail dissimulé) avec un minimum de sécurité sociale, et avec comme risques de se mettre à la merci des aléas de l’offre et la demande, rester exposé aux changements rapides des technologies.

Nous sommes donc en présence d’une économie numérique qui se construit sur l’illégalité, le risque et la falsification. Le nouveau peuple de l’ère numérique évoluera vers un modèle anti-démocratique et totalitaire où la duperie sera une valeur phare contre les intérêts de l’état de droit.

Les investissements obtenus par ces entreprises de l’économie de partage sont très importants et sans commune mesure avec leurs besoins opérationnels puisque bon nombre semblent déjà profitables. Il est évident que ces fonds disponibles seront utilisés pour faire évoluer le droit en leur faveur. Ils convaincront les gouvernements, députés et fonctionnaires d’état par la corruption et le trafic d’influence. Le numérique n’est qu’un lobby moderne de plus qui va à l’encontre de l’équilibre de la collectivité pour défendre des intérêts particuliers.

Le business model de la nouvelle économie numérique est il biaisé ? amènera-t’il une forme avancée d’anarchie ? Sous le couvert de la recherche de l’innovation, du bonheur et du plaisir partagés par tous, le monde digital n’est il pas qu’une des facettes d’un capitalisme incontrôlable et destructeur de la société contemporaine ?

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